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Le défenseur des droits humains et avocat Javad Alikordi a été condamné à 18 ans de prison et radié définitivement du barreau

Statut: 
Emprisonné
À propos de la situation

Le 21 juin 2026, la Branche 1 du tribunal révolutionnaire de Mashhad, dans la province iranienne du Khorasan-e Razavi, a condamné le défenseur des droits humains Javad Alikordi à une peine totale de 18 ans d’emprisonnement, à deux ans d’exil dans le pays, à deux ans d’interdiction de voyager et a ordonné sa radiation définitive du barreau.

À propos de Javad Alikordi

Javad Alikordi est un défenseur des droits humains iranien, avocat, professeur d'université et ancien membre du conseil municipal de Sabzevar, à Mashhad, dans la province du Khorasan. Il est connu pour fournir une représentation juridique bénévole aux prisonniers politiques et aux familles qui réclament justice pour leurs proches tués lors de violences perpétrées par l'État.

Le défenseur des droits humains fait l’objet d’un acharnement judiciaire, d'arrestation et de détention arbitraires systématiques, en représailles contre son action pacifique et légitime en faveur des droits humains depuis 2009. Cette année-là, les forces de sécurité lui ont tiré dessus alors qu'il participait à une manifestation pacifique contestant les résultats de l'élection présidentielle en Iran. Le 1er mars 2025, le défenseur a été arrêté à son bureau à Mashhad et transféré à la prison de Vakilabad pour y purger une peine pour « propagande contre l'État ». Bien qu'il ait été libéré le 11 août 2025, et placé sous surveillance au moyen d'un bracelet électronique, le défenseur a de nouveau été arrêté le 12 décembre 2025 alors qu'il assistait à la cérémonie commémorative en l'honneur de son frère. Son défunt frère, Khosrow Alikordi, également avocat en droits humains renommé, a été retrouvé mort « dans des circonstances suspectes » le 5 décembre 2025.

24 Juin 2026
Le défenseur des droits humains et avocat Javad Alikordi a été condamné à 18 ans de prison et radié définitivement du barreau

Le 21 juin 2026, la Branche 1 du tribunal révolutionnaire de Mashhad, dans la province iranienne du Khorasan-e Razavi, a condamné le défenseur des droits humains Javad Alikordi à une peine totale de 18 ans d’emprisonnement, à deux ans d’exil dans le pays, à deux ans d’interdiction de voyager et a ordonné sa radiation définitive du barreau. Cette condamnation semble être liée à son travail en faveur des droits humains et à ses efforts publics pour faire la lumière sur les circonstances de la mort suspecte de son frère, l'avocat en droits humains Khosrow Alikordi, et pour que justice soit rendue.

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Javad Alikordi est un défenseur des droits humains iranien, avocat, professeur d'université et ancien membre du conseil municipal de Sabzevar, à Mashhad, dans la province du Khorasan. Il est connu pour fournir une représentation juridique bénévole aux prisonniers politiques et aux familles qui réclament justice pour leurs proches tués lors de violences perpétrées par l'État.

Le 21 juin 2026, la Branche 1 du tribunal révolutionnaire de Mashhad a condamné Javad Alikordi, qui est actuellement emprisonné dans la prison de Vakilabad, à une peine totale de 18 ans d’emprisonnement. Le tribunal a condamné le défenseur à 5 ans de prison pour « rassemblement et collusioncontre la sécurité nationale » et à 13 ans supplémentaires pour « activités de propagande contre l'État », ce qui porte la peine cumulée à 18 ans d'emprisonnement.

Javad Alikordi a été condamné en vertu de l'article 4 de la loi relative au durcissement des peines en matière d'espionnage du Code pénal islamique. Le 23 juin 2025, le Parlement iranien a présenté neuf amendements visant à alourdir les peines encourues en cas d'accusation d'espionnage. L'article 4 prévoit ainsi que toute activité de propagande jugée hostile ou portant atteinte à la sécurité nationale de l'Iran est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison (amendement n° 4), voire de la peine de mort (amendement n° 1). Si cet amendement reste en vigueur, le travail des défenseur⸱ses des droits humains risque d'être confronté à de graves défis. Leurs actions pourraient être davantage pénalisées, ce qui faciliterait le recours à des mesures judiciaires arbitraires, notamment la peine de mort et les représailles à l'encontre de leur travail.

Le tribunal a prononcé d'autres sanctions, notamment la radiation définitive du barreau, une interdiction de voyager de deux ans et deux ans d'exil à Saravan, dans la province du Sistan-et-Baloutchistan.

Javad Alikordi a été convoqué et interrogé le 10 décembre 2025 à la suite du discours qu’il a prononcé lors des funérailles de son défunt frère, le défenseur des droits humains Khosrow Alikordi. Le 10 juin 2026, après six mois de détention arbitraire, son procès s’est tenu devant la 1re chambre du tribunal révolutionnaire de Mashhad.

Cette condamnation a été prononcée après que Javad Alikordi a été victime d’acharnement judiciaire pendant des mois, depuis qu’il a publiquement remis en cause la version officielle concernant la mort de son frère.

Khosrow Alikordi a été retrouvé mort le 6 décembre 2025 dans son bureau. Bien qu'aucune enquête privée n'ait jamais été menée, Khosrow Alikordi avait déjà été menacé et emprisonné en raison de son engagement en faveur des droits humains. Ainsi, alors que les autorités ont déclaré qu'il était décédé d'une crise cardiaque, les membres de sa famille ont fait part de leurs doutes quant aux circonstances réelles de son décès et ont exigé une enquête indépendante. Après le décès de son frère, Javad Alikordi a déclaré publiquement que les forces de sécurité avaient saisi les enregistrements de vidéosurveillance du bureau de Khosrow Alikordi et a demandé que ces enregistrements lui soient restitués. De ce fait, il a été convoqué et interrogé par le tribunal révolutionnaire de Mashhad.

Le 12 décembre 2025, lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur de Khosrow Alikordi, organisée sous haute sécurité, Javad Alikordi a pris la parole aux côtés de plusieurs personnalités de la société civile. Les forces de sécurité ont interrompu la cérémonie, et plusieurs défenseurs des droits humains ont été arrêtés pendant et après la commémoration. Javad Alikordi a alors dénoncé sur les réseaux sociaux ces arrestations et le traitement réservé aux personnes venues rendre hommage au défunt, et a continué à appeler à plus de transparence concernant la mort de son frère.

Les amendements apportés en juin 2025 à la loi visant à durcir les sanctions en matière d'espionnage suscitent de vives inquiétudes. Alors que l'amendement 1 viole le droit à la vie des individus, l'amendement 4 restreint le travail des défenseur⸱ses des droits humains, des journalistes et de celles et ceux qui documentent les violations des droits humains et de la liberté de réunion et d'association, et les expose à un risque accru de poursuites.

Javad Alikordi a été régulièrement victime de représailles tout au long de sa carrière. Il a déjà été arrêté, emprisonné, victime d'acharnement judiciaire, interdit d’enseigner et empêché d’exercer son métier d’avocat. Sa famille aurait également fait l’objet de pressions.

Front Line Defenders estime que la condamnation et la peine prononcées à l'encontre de Javad Alikordi sont directement liées à ses activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains, notamment à son travail d'avocat représentant des prisonniers politiques et des familles en quête de justice, ainsi qu’à ses appels en faveur d'une enquête indépendante sur la mort de son frère.

Front Line Defenders s'inquiète des attaques incessantes dont sont victimes les avocats en droits humains en Iran et du recours à des mesures judiciaires visant à réduire au silence ceux qui réclament la vérité, la responsabilité et la justice.

Front Line Defenders exhorte les autorités iraniennes à :

  1. Annuler les condamnations et les peines prononcées à l'encontre de Javad Alikordi et le libérer immédiatement ;
  2. Mettre fin à toutes les formes d’acharnement judiciaire à l'encontre de Javad Alikordi et veiller à ce qu'il puisse mener ses activités légitimes en faveur des droits humains sans restriction ni crainte de représailles ;
  3. Rétablir son droit d'exercer la profession d'avocat et annuler toutes les sanctions complémentaires qui lui ont été infligées ;
  4. Mener une enquête indépendante, impartiale et transparente sur les circonstances entourant le décès du défenseur des droits humains Khosrow Alikordi et veiller à ce que les conclusions de cette enquête soient rendues publiques ;
  5. Garantir qu’en toutes circonstances, tous les défenseur·ses des droits humains en Iran puissent mener à bien leur travail légitime en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles.