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Les défenseur⸱ses des droits humains Mahrang Baloch et Sibghatullah Shahji condamnés à la réclusion à perpétuité par un tribunal antiterroriste

Statut: 
Emprisonné
À propos de la situation

Le 22 juin 2026, le tribunal antiterroriste du Baloutchistan, au Pakistan, a condamné les défenseur⸱ses des droits humains Mahrang Baloch et Sibghatullah Shahji à la réclusion à perpétuité. L’affaire est liée au meurtre d’un agent de sécurité en 2024. Les défenseur⸱ses des droits humain (DDH) sont accusés d'avoir incité une foule à la violence par leurs « propos provocateurs » lors d'une manifestation en juillet 2024, ce qui a entraîné la mort de l'agent de sécurité. Les DDH sont détenus depuis mars 2025 dans le cadre de plusieurs affaires, notamment pour des accusations portées en vertu de la loi contre le terrorisme (ATA). Le procès s'est déroulé à la prison de Hudda et soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des garanties de procédure régulière et à la criminalisation du travail en faveur des droits humains.

À propos de Sabghatullah Abdul Haq

Sabghatullah Abdul Haq est défenseur des droits humains ; il est membre du Baloch Yakjehti Committee (BYC), une organisation qui plaide pour les droits du peuple baloutche au Pakistan. Le défenseur a activement participé au sit in de protestation organisé à Turbat, au Baloutchistan, contre l'exécution extrajudiciaire de quatre personnes victimes de disparition forcée en novembre 2023. Il a participé à la longue marche des Baloutches en 2023 et était également présent au rassemblement national des Baloutches qui s'est tenu le 28 juillet 2024 dans la ville de Gwadar, au Baloutchistan. Le rassemblement était organisé par le BYC pour mettre en lumière les violations des droits humains au Baloutchistan. Le défenseur aurait été arrêté le 29 juillet 2024 par des soldats de l'armée pakistanaise à Gwardar. On ignore l'endroit où il se trouve actuellement.

24 Juin 2026
Les défenseur⸱ses des droits humains Mahrang Baloch et Sibghatullah Shahji condamnés à la réclusion à perpétuité par un tribunal antiterroriste

Le 22 juin 2026, le tribunal antiterroriste du Baloutchistan, au Pakistan, a condamné les défenseur⸱ses des droits humains Mahrang Baloch et Sibghatullah Shahji à la réclusion à perpétuité. L’affaire est lié au meurtre d’un agent de sécurité en 2024. Les défenseur⸱ses des droits humain (DDH) sont accusés d'avoir incité une foule à la violence par leurs « propos provocateurs » lors d'une manifestation en juillet 2024, ce qui a entraîné la mort de l'agent de sécurité. Les DDH sont détenus depuis mars 2025 dans le cadre de plusieurs affaires, notamment pour des accusations portées en vertu de la loi contre le terrorisme (ATA). Le procès s'est déroulé à la prison de Hudda et soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des garanties de procédure régulière et à la criminalisation du travail en faveur des droits humains.

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Mahrang Baloch est une défenseuse des droits humains basée au Baloutchistan ; elle dirige le comité Baloch Yakjehti (BYC) qui fait campagne contre les disparitions forcées illégales et les exécutions extrajudiciaires commises par les autorités pakistanaises dans la province du Baloutchistan. Elle est l'une des figures de proue du Baloch Yakjehti Committee (BYC), un réseau qui plaide en faveur des droits humains et documente les violations au Baloutchistan. En novembre 2023, Mahrang Baloch a pris la tête de la Longue Marche baloutche contre les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées. En juillet 2024, elle a participé au rassemblement national baloutche organisé à Gwadar, au Baloutchistan, qui a été brutalement réprimé par les forces de sécurité et la police. La défenseuse est confrontée à de nombreuses menaces contre sa sécurité et fait l'objet de poursuites pénales abusives, d'interdictions de voyager et de mesures prises en vertu de la loi antiterroriste, notamment son inscription à l'annexe 4 de l'ATA à titre de sanction pour son travail.

Sabghatullah Abdul Haq (Shahji) est défenseur des droits humains et membre actif du Baloch Yakjehti Committee (BYC), une organisation qui milite pacifiquement contre les violations des droits humains, notamment contre les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires. Il a participé à des manifestations pacifiques et à des campagnes en faveur des droits, notamment la « Longue Marche baloutche » en 2023 et le « Rassemblement national baloutche » en 2024. En mars 2025, le défenseur a été arrêté pour plusieurs chefs d'accusation dans le cadre d'une vague d'arrestations visant les DDH baloutches et les membres du BYC. Il est emprisonné depuis, et a été inscrit à l’annexe 4 de l’ATA. Le 22 juin 2026, le jour de sa condamnation, son nom a été retiré de l'annexe 4.

L'annexe 4 de la loi antiterroriste pakistanaise est une liste de surveillance officielle contenant les noms des personnes soupçonnées de terrorisme, de sectarisme ou d'avoir des liens avec des organisations interdites. Il s'agit d'une procédure qui finit par échapper à tout contrôle judiciaire et dans le cadre de laquelle les personnes figurant sur la liste se voient privées de leurs droits fondamentaux.

Le 22 juin 2026, le tribunal antiterroriste du Baloutchistan a reconnu les DDH Mahrang Baloch et Sibghatullah Shahji coupables de terrorisme, de sédition et de meurtre, et les a condamnés à la réclusion à perpétuité. Le procès, qui s'est tenu à la prison de Hudda, portait sur le meurtre d'un agent de sécurité en 2024. Les défenseur⸱ses des droits humain (DDH) sont accusés d'avoir incité une foule à la violence par leurs « propos provocateurs » lors d'une manifestation en juillet 2024, ce qui a entraîné la mort de l'agent de sécurité. Les défenseur⸱ses ont toujours fermement nié ces accusations. Le rassemblement national baloutche de juillet 2024 a été marqué par un recours excessif à la force de la part des forces de sécurité, notamment des tirs contre les manifestants, des arrestations massives, des agressions physiques et des coupures d'Internet. Cette affaire constitue une violation flagrante du droit à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique, et criminalise l'action en faveur des droits humains.

Les défenseurs des droits humains sont incarcérés depuis mars 2025. Mahrang Baloch a été arrêtée le 23 mars 2025 et Sibghatullah (Shahji) le 30 mars 2025, dans le cadre d'une vaste vague d'arrestations, de perquisitions et de représailles visant les DDH baloutches, et en particulier les membres du BYC. Les DDH ont été injustement accusés d’être contre l'État et de soutenir les combattants armés. Ces allégations ne tiennent pas compte de leur participation aux négociations pacifiques et à leur plaidoyer non-violent en faveur des droits humains. Ces persécutions actuelles sont liées à leurs campagnes ouvertes et pacifiques contre la violence d'État, la répression, les disparitions forcées et les assassinats. Plusieurs éminents membres du BYC ont été arrêtés depuis mars 2025 et certains sont toujours incarcérés. D'autres ont été victimes de sanctions collectives, notamment de disparitions forcées, d'emprisonnements ou de menaces à l'encontre de membres de leur famille. De nombreux membres du BYC ont été ajoutés à l’annexe 4 de l’ATA.

La décision rendue le 22 juin 2026 par le tribunal antiterroriste s'inscrit dans un schéma plus large de persécution et de pressions visant à réduire au silence le travail et le plaidoyer des DDH baloutches. Front Line Defenders condamne fermement les persécutions dont sont victimes les défenseur⸱ses des droits humains baloutches, en particulier Mahrang Baloch et Sibghatullah Shahji, à cause de leur travail légitime en faveur des droits humains.

Front Line Defenders exhorte les autorités du Pakistan à :

Libérer immédiatement Mahrang Baloch et Sibghatullah Shahji et annuler leurs condamnations, qui résultent uniquement de leur travail en faveur des droits humains et de la criminalisation de leur liberté d'expression et de leur droit de réunion pacifique ;

Mettre fin à la persécution des DDH baloutches, libérer celles et ceux qui sont actuellement emprisonnés et mettre un terme à la pratique des sanctions collectives visant les membres de leur famille ;

Veiller à ce que les forces de sécurité et les tribunaux cessent d'utiliser la loi antiterroriste et les dispositifs de lutte contre le terrorisme comme des armes visant exclusivement les DDH ;

Cesser d’utiliser l'annexe 4 de la loi antiterroriste pour sanctionner les DDH et retirer immédiatement les noms les personnes qui figurent déjà dans cette annexe ;

Reconnaitre la valeur du travail des DDH et garantir qu’en toutes circonstances, ils puissent mener à bien leurs actions légitimes au Pakistan sans craindre ni restrictions ni représailles.