Ouverture du procès de Mohamed Izzeldin pour des charges passibles de la peine de mort après plus d'un an de détention arbitraire
Le 27 juillet 2026, l'avocat et défenseur des droits humains soudanais Mohamed Izzeldin a comparu devant le tribunal pénal de Port-Soudan après plus d'un an de détention arbitraire, à l'occasion de la première audience d'une affaire intentée contre lui. Il est accusé de « crimes contre l'État et de crimes de guerre » en vertu du Code pénal soudanais de 1991, des infractions passibles de la peine de mort. Le procès devrait se poursuivre le 18 août 2026.
Mohamed Izzeldin Abdelrahim Mohamed Salih est un avocat et défenseur des droits humains qui œuvre pour promouvoir la responsabilité, l'accès à la justice et la protection des civils touchés par la guerre au Soudan. Il défend en priorité les droits des victimes de guerre, en particulier les femmes et les enfants. Il assure une représentation juridique et fournit des conseils d'expert dans les domaines des droits humains et du droit humanitaire international, représente ses clients devant les juridictions nationales et internationales, et participe à l'élaboration de rapports sur les droits humains à différents niveaux. En outre, Mohamed Izzeldin participe à des initiatives pour sensibiliser le public aux droits juridiques et à la justice transitionnelle. Il est membre du réseau Emergency Lawyers et de la Democratic Lawyers Alliance au sein desquels il collabore avec d'autres professionnels du droit pour documenter les violations des droits humains, apporter une assistance juridique aux victimes et plaider pour que les coupables d’exactions pendant la guerre qui sévit actuellement au Soudan rendent des comptes.
Le 27 juillet 2026, l'avocat et défenseur des droits humains soudanais Mohamed Izzeldin a comparu devant le tribunal pénal de Port-Soudan après plus d'un an de détention arbitraire, à l'occasion de la première audience d'une affaire intentée contre lui. Il est accusé de « crimes contre l'État et de crimes de guerre » en vertu du Code pénal soudanais de 1991, des infractions passibles de la peine de mort. Le procès devrait se poursuivre le 18 août 2026.
Mohamed Izzeldin Abdelrahim Mohamed Salih est un avocat et défenseur des droits humains qui œuvre pour promouvoir la responsabilité, l'accès à la justice et la protection des civils touchés par la guerre au Soudan. Il défend en priorité les droits des victimes de guerre, en particulier les femmes et les enfants. Il assure une représentation juridique et fournit des conseils d'expert dans les domaines des droits humains et du droit humanitaire international, représente ses clients devant les juridictions nationales et internationales, et participe à l'élaboration de rapports sur les droits humains à différents niveaux. En outre, Mohamed Izzeldin participe à des initiatives pour sensibiliser le public aux droits juridiques et à la justice transitionnelle. Il est membre du réseau Emergency Lawyers et de la Democratic Lawyers Alliance au sein desquels il collabore avec d'autres professionnels du droit pour documenter les violations des droits humains, apporter une assistance juridique aux victimes et plaider pour que les coupables d’exactions pendant la guerre qui sévit actuellement au Soudan rendent des comptes.
Le 10 mai 2025, Mohamed Izzeldin a été interpellé dans le quartier du Grand Marché de Port-Soudan par cinq membres armés des Forces d'opérations spéciales, rattachées aux services de renseignement militaire. Ces officiers étaient en civil et, selon certaines informations, n'auraient pas présenté de mandat d'arrêt ni informé le défenseur des motifs de son arrestation. Peu après, Mohamed Izzeldin aurait été victime de tortures et d'autres mauvais traitements lors de ses interrogatoires. Il a reçu des coups dans le dos, ce qui lui a causé une lésion à un disque entre les vertèbres ; il a également été soumis à des décharges électriques, insulté et menacé à cause son travail en faveur des droits humains.
Pendant plus d'un an après son arrestation, Mohamed Izzeldin est resté en détention sans avoir été officiellement inculpé ni traduit devant une autorité judiciaire indépendante. Au cours de cette période, il s'est vu refuser tout contact officiel avec sa famille et son avocat, et a été détenu dans des conditions dégradantes, notamment en étant privé de sommeil et en ne bénéficiant pas de soins médicaux adéquats. L'état de santé de Mohamed Izzeldin se serait considérablement détérioré pendant sa détention. Il a contracté la dengue, mais n’a pas reçu de traitement adapté, et le diabète dont il souffre s’est aggravé à cause de la mauvaise nutrition en prison et de soins insuffisants.
Au cours de l'audience du 27 juillet 2026, Mohamed Izzeldin a été informé des faits qui lui sont reprochés, de l'identité de l'autorité plaignante et des dispositions légales sur lesquelles reposent les poursuites, à savoir le Code pénal soudanais de 1991. Il est accusé de « crimes contre l'État et de crimes de guerre », des accusations similaires à celles retenues contre son confrère avocat et défenseur des droits humains Abubakr Mansour, qui risque aussi la peine de mort en cas de condamnation.
Front Line Defenders exprime sa profonde inquiétude concernant Mohamed Izzeldin, qui est détenu arbitrairement sans aucune charge depuis plus d'un an. La procédure pénale récemment engagée à son encontre, qui pourrait déboucher sur une condamnation à mort, semble avoir pour but de légitimer sa détention prolongée et de criminaliser son action pacifique en faveur des droits humains.
L'organisation est particulièrement préoccupée par les graves violations des garanties procédurales constatées dans cette affaire, notamment la détention arbitraire prolongée, les allégations de torture et de mauvais traitements, le refus d'accès à un avocat et l'insuffisance des soins médicaux. Front Line Defenders estime que la détention et les poursuites engagées contre Mohamed Izzeldin sont directement liées à son action pacifique et légitime visant à documenter les violations des droits humains et à soutenir les victimes au Soudan.
Par ailleurs, l'organisation craint que le cas de Mohamed Izzeldin fasse partie d’un schéma plus large d’acharnement judiciaire visant les membres de l’Emergency Lawyers Network et d'autres défenseur⸱ses des droits humains au Soudan.
Front Line Defenders exhorte les autorités soudanaises à :
- Libérer immédiatement et sans condition Mohamed Izzeldin Abdelrahim Mohamed Salih et abandonner toutes les charges portées contre lui en lien avec ses activités ;
- Jusqu’à sa libération, veiller à ce que Mohamed Izzeldin Abdelrahim Mohamed Salih puisse bénéficier immédiatement et régulièrement de l’assistance d’avocats de son choix, de contacts avec sa famille et de soins médicaux spécialisés adaptés, notamment pour le traitement de son diabète et des blessures qu’il aurait subies à la suite d’actes de torture ;
- Mener une enquête rapide, approfondie, impartiale et indépendante sur les allégations de torture et autres mauvais traitements dont Mohamed Izzeldin Abdelrahim Mohamed Salih aurait été victime. Veiller à ce que les responsables soient amenés à rendre des comptes conformément aux normes internationales, et veiller à ce que tout élément de preuve obtenu sous la torture soit écarté de la procédure judiciaire ;
- Veiller à ce que toute procédure engagée à l'encontre de Mohamed Izzeldin Abdelrahim Mohamed Salih respecte pleinement les normes internationales en matière de procès équitable et garantir qu'il ne soit pas condamné à la peine de mort ;
- Garantir qu’en toutes circonstances, tous les défenseur·ses des droits humains au Soudan puissent mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains, sans craindre de représailles, arrestations et détentions arbitraires, torture, acharnement judiciaire ou toute autre restriction.
