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Le défenseur des droits humains sahraoui Enaâma Asfari met un terme à sa grève de la faim après 47 jours, après des discussions avec les autorités pénitentiaires

Statut: 
Imprisoned
À propos de la situation

Le 24 juillet 2026, Enaâma Asfari a informé sa famille par téléphone qu’il avait décidé de suspendre sa grève de la faim après que l’administration pénitentiaire marocaine a entamé ce qu’il a qualifié de « dialogue sérieux » concernant les revendications humanitaires et juridiques qu’il avait formulées tout au long de sa manifestation pacifique. Le défenseur considèrerait que la suspension de sa grève de la faim s'inscrit dans le cadre de ce dialogue et des efforts visant à garantir la mise en œuvre de ses revendications.

À propos d'Enaâma Asfari

Enaâma Asfari est un éminent défenseur des droits humains sahraoui et vice-président du Comité pour les libertés et le respect des droits de l’homme au Sahara occidental (CORELSO). Depuis de nombreuses années, il documente et dénonce pacifiquement les violations des droits humains perpétrées au Sahara Occidental, et il plaide en faveur des droits du peuple sahraoui. Il fait partie des « prisonniers de Gdeim Izik » qui ont été arrêtés avant, pendant et après le démantèlement du campement de protestation pacifique de Gdeim Izik, le 8 novembre 2010. Il a été arrêté le 7 novembre 2010, la veille du démantèlement. Il a passé cinq jours dans un lieu inconnu, où il a été détenu avec les yeux bandés et menotté. Il a déclaré avoir signé des déclarations et des aveux sous la torture. En 2017, Enaâma Asfari a été condamné à 30 ans de prison par la Cour d'appel de Salé.

28 Juillet 2026
Le défenseur des droits humains sahraoui Enaâma Asfari met un terme à sa grève de la faim après 47 jours, après des discussions avec les autorités pénitentiaires

Front Line Defenders salue les informations selon lesquelles le défenseur sahraoui des droits humains emprisonné Enaâma Asfari aurait suspendu sa grève de la faim illimitée, entamée le 8 juin 2026. Au bout de 47 jours et après l'ouverture d'un dialogue avec l'administration pénitentiaire marocaine concernant ses revendications humanitaires et juridiques, le défenseur a mis un terme à sa grève de la faim.

Bien que cette décision puisse contribuer à préserver la santé d’Enaâma Asfari, Front Line Defenders reste profondément préoccupée par son état physique suite à cette grève de la faim prolongée et réitère son appel en faveur de sa libération immédiate et de la mise en œuvre de l’avis rendu en 2023 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (WGAD).

Enaâma Asfari est un éminent défenseur des droits humains sahraoui et vice-président du Comité pour les libertés et le respect des droits de l’homme au Sahara occidental (CORELSO). Depuis de nombreuses années, il documente et dénonce pacifiquement les violations des droits humains perpétrées au Sahara Occidental, et il plaide en faveur des droits du peuple sahraoui. Il fait partie des « prisonniers de Gdeim Izik » qui ont été arrêtés avant, pendant et après le démantèlement du campement de protestation pacifique de Gdeim Izik, le 8 novembre 2010. Il a été arrêté le 7 novembre 2010, la veille du démantèlement. Il a passé cinq jours dans un lieu inconnu, où il a été détenu avec les yeux bandés et menotté. Il a déclaré avoir signé des déclarations et des aveux sous la torture. En 2017, Enaâma Asfari a été condamné à 30 ans de prison par la Cour d'appel de Salé.

Le 24 juillet 2026, Enaâma Asfari a informé sa famille par téléphone qu’il avait décidé de suspendre sa grève de la faim après que l’administration pénitentiaire marocaine a entamé ce qu’il a qualifié de « dialogue sérieux » concernant les revendications humanitaires et juridiques qu’il avait formulées tout au long de sa manifestation pacifique. Le défenseur considèrerait que la suspension de sa grève de la faim s'inscrit dans le cadre de ce dialogue et des efforts visant à garantir la mise en œuvre de ses revendications.

Au cours de cet entretien téléphonique, Enaâma Asfari n'aurait pas été en mesure de fournir davantage de détails en raison de la grave détérioration de son état de santé, due à sa grève de la faim qui a duré 47 jours. Il a indiqué qu'il comptait fournir davantage d'informations à sa famille plus tard, notamment après avoir eu de nouveaux entretiens avec les autorités pénitentiaires.

Avant d'entamer sa grève de la faim illimitée le 8 juin 2026, Enaâma Asfari avait mené trois grèves de la faim distinctes de 48 heures chacune au cours du mois de mai 2026, qui sont toutes restées sans réponse de la part des autorités marocaines. Il a entamé une grève de la faim illimitée pour exiger la mise en œuvre de l'avis rendu en 2023 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, qui avait conclu que la détention des prisonniers de Gdeim Izik était arbitraire et avait appelé à leur libération immédiate. Le WGAD a conclu que les détenus avaient été victimes de graves violations de leur droit à un procès équitable, notamment car ils se sont vus refuser l'accès à un avocat, leurs aveux auraient été obtenus sous la torture et les procédures ont eu lieu devant un tribunal manquant d'impartialité et d'indépendance.

Si Front Line Defenders salue l'ouverture annoncée d'un dialogue et la suspension de la grève de la faim, l'organisation reste préoccupée par les conséquences à long terme de cette manifestation prolongée sur la santé d'Enaâma Asfari et continue de suivre de près l'évolution de la situation.

Front Line Defenders reste également préoccupée par les informations qui continuent de faire état de négligence médicale, de représailles et d'autres formes de mauvais traitements à l'encontre des défenseur⸱ses sahraouis des droits humains en détention.

Front Line Defenders estime que le maintien en détention et les mauvais traitements infligés à Enaâma Asfari et aux autres membres emprisonnés du groupe de Gdeim Izik sont exclusivement liés à leur travail pacifique et légitime en faveur des droits humains.

Front Line Defenders exhorte les autorités marocaines à :

  1. Libérer immédiatement Enaâma Asfari et les autres membres du groupe de Gdeim Izik détenus arbitrairement, conformément à l'avis rendu en 2023 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire ;
  2. Veiller à ce qu’Enaâma Asfari ait immédiatement accès à des soins médicaux adéquats, indépendants et spécialisés, de son choix, et garantir son intégrité physique et psychologique tant qu’il est en détention ;
  3. Veiller à ce que tous les engagements pris lors du dialogue avec Enaâma Asfari soient mis en œuvre sans délai et de bonne foi, conformément aux obligations internationales du Maroc en matière de droits humains ;
  4. Mettre fin à toutes les formes de représailles, de négligence médicale, de mauvais traitements et de traitement discriminatoire à l'encontre des défenseur⸱ses des droits humains sahraouis détenus, et veiller à ce qu'ils puissent régulièrement voir leurs familles, consulter leurs avocats et bénéficier de soins de santé adéquats ;
  5. Mener des enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et impartiales sur toutes les allégations de torture et de mauvais traitements, veiller à ce que les responsables répondent de leurs actes et exclure de la procédure judiciaire tout élément de preuve ou tout aveu obtenu sous la torture, conformément aux obligations incombant au Maroc en vertu de la Convention contre la torture ;
  6. Garantir qu’en toutes circonstances tous les défenseur⸱ses des droits humains au Sahara occidental et sur l'ensemble du territoire marocain puissent mener leurs activités légitimes en faveur des droits humains librement et en toute sécurité, sans craindre d’acharnement judiciaire, de détention arbitraire, d'intimidation ou de représailles.