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Yalda Moaiery condamnée par contumace à 15 ans d'emprisonnement en vertu des amendements apportés à la loi sur l'espionnage

Statut: 
Condamnée
À propos de la situation

Le 8 août 2026, Yalda Moaiery a été informée que la branche 29 du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamnée par contumace à 15 ans de prison pour « activités visant à servir les intérêts du régime sioniste au détriment de la sécurité nationale ».

À propos de Yalda Moaiery

Yalda Moaiery est une défenseuse des droits humains et photojournaliste iranienne qui couvre depuis deux décennies des conflits armés et des crises humanitaires en Iran, dans les pays voisins et au-delà. Elle documente l'application de l'obligation du port du hijab en Iran, la présence de femmes au sein des forces de sécurité et la mise en place de la police des mœurs. En décembre 2017, elle a pris une photo d'un étudiant en train de manifester contre la situation économique à l'université de Téhéran ; cette image est devenue un symbole emblématique des manifestations iraniennes et a attiré l'attention internationale.

Suite à cela, Yalda Moaiery a été condamnée à deux ans de prison à Qarchak. Après sa libération, elle s'est lancée dans un projet visant à recueillir les témoignages de femmes détenues. Les articles de Yalda Moaiery ont été largement diffusés dans la presse internationale ; elle a reçu le prix Wallis Annenberg « Justice for Women Journalists » 2023.

11 Août 2026
Yalda Moaiery condamnée par contumace à 15 ans d'emprisonnement en vertu des amendements apportés à la loi sur l'espionnage

Le 8 août 2026, Yalda Moaiery a été informée que la branche 29 du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamnée par contumace à 15 ans de prison pour « activités visant à servir les intérêts du régime sioniste au détriment de la sécurité nationale ».

Yalda Moaiery est une défenseuse des droits humains et photojournaliste iranienne qui couvre depuis deux décennies des conflits armés et des crises humanitaires en Iran, dans les pays voisins et au-delà. Elle documente l'application de l'obligation du port du hijab en Iran, la présence de femmes au sein des forces de sécurité et la mise en place de la police des mœurs. En décembre 2017, elle a pris une photo d'un étudiant en train de manifester contre la situation économique à l'université de Téhéran ; cette image est devenue un symbole emblématique des manifestations iraniennes et a attiré l'attention internationale. Suite à cela, Yalda Moaiery a été condamnée à deux ans de prison à Qarchak. Après sa libération, elle s'est lancée dans un projet visant à recueillir les témoignages de femmes détenues. Les articles de Yalda Moaiery ont été largement diffusés dans la presse internationale ; elle a reçu le prix Wallis Annenberg « Justice for Women Journalists » 2023.

Le 8 août 2026, Yalda Moaiery a été informée que la branche 29 du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamnée par contumace à 15 ans d'emprisonnement pour « activités visant à servir les intérêts du régime sioniste au détriment de la sécurité nationale ». Le tribunal a prononcé d'autres sanctions, notamment une interdiction définitive d'exercer toute fonction publique et de mener toute activité politique ou liée aux médias, l'interdiction d'exercer une activité économique et de posséder un chéquier, ainsi que celle de conduire un véhicule à moteur, et la confiscation de son appareil photo et des autres appareils électroniques saisis. Le 1er avril et le 3 mars 2026, le domicile de cette défenseuse des droits humains a été perquisitionné et son appareil photo ainsi que du matériel électronique ont été saisis.

Lorsqu’elle a décrit les motifs de l’accusation d’« activités visant à servir les intérêts du régime sioniste au détriment de la sécurité nationale », la branche 29 du tribunal révolutionnaire de Téhéran aurait déclaré : « La défense n’ayant renvoyé aucune réponse, et compte tenu de ses activités passées et présentes (consistant à prendre des photos et à les envoyer à des médias hostiles), son intention d’agir contre la Nation est établie, car elle dénigre gravement [dans les médias] la grandeur de celle-ci et sert les intérêts sinistres d’Israël et des États-Unis. » À l'automne 2022, Yalda Moaiery avait passé trois mois en prison pour avoir couvert les manifestations liées au décès de Mahsa Amini.

La défenseuse avait été condamnée en vertu de l’article 4 de la loi relative au durcissement des sanctions en matière d'espionnage. Le 23 juin 2025, le Parlement iranien a présenté neuf amendements visant à alourdir les peines encourues en cas d'accusation d'espionnage. L'article 4 stipule que les activités de propagande jugées hostiles ou portant atteinte à la sécurité nationale de l'Iran sont passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à 15 ans d'emprisonnement (amendement n° 4) ou de la peine de mort (amendement n° 1).

Ces amendements ont déjà été utilisés contre d'autres défenseur⸱ses des droits humains, ce qui entrave considérablement la poursuite de leur travail en faveur des droits humains. De telles lois pourraient renforcer la criminalisation de leurs actes, faciliter les détentions arbitraires et restreindre considérablement le pouvoir discrétionnaire des juges. Les amendements de juin 2025 suscitent de vives inquiétudes, car l'amendement n° 1 porte atteinte au droit à la vie, tandis que l'amendement n° 4 impose des restrictions considérables à l'action des défenseur⸱ses des droits humains, des journalistes et de toute autre personne dénonçant des violations des droits humains, les exposant ainsi à un risque accru de poursuites judiciaires.

Front Line Defenders estime que la condamnation et la peine prononcées à l'encontre de Yalda Moaiery sont directement liées à ses activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains, notamment son travail de photojournaliste visant à rendre compte de la situation sociale des personnes touchées par les conflits armés, ainsi qu'à ses activités journalistiques.

Front Line Defenders est préoccupée par les attaques répétées dont sont victimes les défenseur⸱ses des droits humains qui documentent le conflit armé en Iran, ainsi que par le durcissement des mesures judiciaires visant à les réduire au silence.

Front Line Defenders exhorte les autorités iraniennes à :

  1. Annuler les condamnations et les peines prononcées à l'encontre de Yalda Moaiery ;
  2. Cesser toutes formes d’acharnement judiciaire à l'encontre de Yalda Moaiery et veiller à ce qu'elle puisse mener ses activités légitimes en faveur des droits humains sans restriction ni crainte de représailles ;
  3. Lui rendre son droit d'exercer la profession de photojournaliste et annuler toutes les sanctions supplémentaires qui lui ont été infligées ;
  4. Garantir qu’en toutes circonstances, tous les défenseur·ses des droits humains en Iran puissent mener à bien leur travail légitime en faveur des droits humains, sans craindre ni restrictions ni représailles.