Front Line Defenders apporte son soutien à Sammi Deen Baloch dans ses recherches pour retrouver son père disparu, le Dr Deen Mohammed Baloch
Aujourd’hui, 28 juin 2026, cela fait dix-sept ans que le Dr Deen Mohammed Baloch, médecin originaire du Baloutchistan et père de la défenseuse des droits humains Sammi Deen Baloch a été victime d’une disparition forcée. Dix-sept ans plus tard, on ignore toujours où il se trouve, et les autorités pakistanaises n'ont pas fourni d'explications crédibles sur ce qu'il est devenu.
Sammi Deen Baloch est une éminente défenseuse des droits humains qui lutte sans relâche contre les violations généralisées des droits humains au Baloutchistan, notamment les disparitions forcées, les exécutions extrajudiciaires et les actes de torture commis par les forces de sécurité en détention. La défenseuse avait 10 ans lorsque son père, le Dr Deen Mohammed Baloch, a disparu le 28 juin 2009 dans le district de Khuzdar, au Baloutchistan. Ce qui n'était au départ que la recherche d'un père disparu par sa famille a fini par jeter les bases de l'un des mouvements les plus importants du Pakistan contre les disparitions forcées.
Front Line Defenders exprime sa solidarité avec Sammi Deen Baloch dans son combat, qui dure depuis dix-sept ans, pour la vérité, la justice et la responsabilisation. En tant que secrétaire générale de l'association « Voice for Baloch Missing Persons » (VBMP), Sammi Deen Baloch soutient les familles et les proches des personnes victimes de disparitions forcées au Baloutchistan, qui luttent pour le retour de leurs proches. Elle organise des marches et des manifestations, recense des cas de disparitions forcées et aide des familles à porter plainte auprès des autorités. En 2024, elle a reçu le Prix Front Line Defenders pour les défenseur·ses des droits humains en danger, en reconnaissance de son travail.
Les disparitions forcées sont utilisées depuis de nombreuses années comme un outil de répression au Baloutchistan, et les familles qui militent en faveur des disparus, dont beaucoup sont des femmes – mères, épouses, sœurs et filles –, sont elles-mêmes souvent la cible de représailles. Le domicile de Sammi Deen Baloch a été perquisitionné à plusieurs reprises et elle est victime de surveillance et de diffamation en ligne, ainsi que d'arrestations arbitraires répétées, en représailles contre son action pacifique en faveur des droits humains. Elle a également été victime d'une disparition forcée pendant sept jours en 2016, et sa dernière arrestation remonte à mars 2025 à Karachi.
La disparition prolongée du Dr Deen Mohammed Baloch et les persécutions dont sa fille continue d'être victime témoignent d'un phénomène plus général d'impunité. La disparition forcée constitue une grave violation du droit international et un crime qui perdure tant que le sort de la victime reste inconnu. La souffrance infligée aux familles par dix-sept années de dissimulation de la vérité constitue, en soi, un préjudice persistant.
Sammi Deen Baloch et l'ensemble du mouvement des familles des disparus au Baloutchistan continuent d'exhorter les autorités pakistanaises à révéler ce qu'il est advenu du Dr Deen Mohammed Baloch et de toutes les personnes disparues, ainsi que leur lieu de détention. Ils appellent en outre les autorités à mener des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales sur tous les cas de disparitions forcées, ainsi qu’à signer, ratifier et mettre en œuvre la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (CIPTPDF). Front Line Defenders soutient ces revendications.
Front Line Defenders exhorte les autorités du Pakistan à :
- Révéler sans délai ce qu'est devenu le Dr Deen Mohammed Baloch et l'endroit où il se trouve, et veiller à ce qu'il soit libéré sain et sauf ;
- Mettre fin à toutes les formes de harcèlement, de surveillance et de représailles à l'encontre de Sammi Deen Baloch et des familles des disparus ;
- Garantir que Sammi Deen Baloch et les autres défenseur⸱ses des droits humains baloutches puissent mener à bien leur action légitime en faveur des droits humains sans craindre d'être victimes d'arrestations arbitraires, d'intimidations ou de violences.

