Back to top
24 Juillet 2026

Inde : Répression brutale contre des étudiants et des manifestants pacifiques

Crédit Photo : AP Photo/Manish Swarup via Alamy

Front Line Defenders condamne fermement la répression policière violente dont ont été victimes des étudiants et d’autres manifestants pacifiques, dont des défenseur⸱ses des droits humains, qui exerçaient leurs droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression lors d’une manifestation organisée à Delhi le 20 juillet 2026.

Des étudiants et d'autres manifestants pacifiques se sont rassemblés à Delhi et dans d'autres régions de l'Inde pour exprimer pacifiquement leurs préoccupations concernant la corruption et la gouvernance, notamment au sujet de la fuite du National Eligibility Entrance Test (NEET), un examen d'entrée en médecine. Front Line Defenders est préoccupée par des informations selon lesquelles les personnes participant à ces manifestations pacifiques ou les soutenant auraient été victimes d'un recours excessif à la force, d'intimidations et de poursuites alors qu'elles exerçaient leurs droits.

Les manifestations, qui ont débuté à Delhi en juin 2026, se sont depuis étendues à d'autres régions de l'Inde et se poursuivent malgré la répression policière. Ce qui n'était au départ qu'une parodie d'une déclaration du président de la Cour suprême indienne qualifiant les jeunes chômeurs de « cafards » s'est transformé en un mouvement national en faveur des droits, mené par la jeunesse, sous la bannière du Cockroach Janta Party. Le 28 juin 2026, le militant Sonam Wangchuk a entamé une grève de la faim illimitée en solidarité avec les étudiants, avant d'être hospitalisé de force par les autorités. Malgré ces événements et la répression générale, les étudiants et les manifestants pacifiques, y compris les défenseur⸱ses des droits humains, ont continué à exercer pacifiquement leurs droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'expression.

Dans ce contexte, ils ont continué à exprimer pacifiquement leurs préoccupations concernant la corruption et la gouvernance. À la suite de la répression du 20 juillet 2026, les manifestants ont exigé que des comptes soient rendus concernant les cas signalés de recours excessif à la force à l'encontre d'étudiants, notamment les charges à la matraque, ainsi que l'utilisation de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Ils ont également demandé l'abandon des plaintes pénales et des autres mesures judiciaires qui auraient été engagées à l'encontre de plusieurs manifestants. Bien que les manifestations soient restées globalement pacifiques, des inquiétudes ont été exprimées concernant des agissements susceptibles de compromettre leur caractère pacifique ou d'être utilisés pour justifier de nouvelles restrictions et le recours à la force contre les manifestants.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par les informations faisant état d'un recours excessif à la force, de poursuites judiciaires et de désinformation de la part des autorités indiennes à l'encontre d'étudiants et d'autres manifestants pacifiques, y compris des défenseur⸱ses des droits humains. Cette réaction s'inscrit dans un schéma de longue date de restrictions, de criminalisation et de représailles à l'encontre des dissidents pacifiques et des défenseur⸱ses des droits humains en Inde, notamment celles et ceux qui œuvrent en faveur des droits des minorités, des Dalits ou des communautés autochtones, qui sont pris pour cible depuis des décennies. Ces représailles incluent notamment des détentions et des poursuites judiciaires à l'encontre de leaders communautaires, l'utilisation abusive des lois antiterroristes et d'autres dispositions pénales pour faire taire la dissidence, ainsi que de mesures visant à priver les organisations de la société civile des ressources financières et opérationnelles nécessaires à la poursuite de leur action légitime en faveur des droits humains. Malgré un climat de plus en plus hostile et le risque de représailles, les personnes qui participent aux manifestations pacifiques continuent à exercer courageusement leurs droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'expression.

Front Line Defenders exprime sa solidarité avec les étudiants et les autres manifestants pacifiques, y compris les défenseur⸱ses des droits humains, qui poursuivent leur mobilisation pacifique face à la violence et aux provocations. L'organisation appelle les autorités indiennes à respecter les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'expression, à veiller à ce que les responsables de l'usage présumé d'une force excessive contre les manifestants soient amenés à rendre des comptes, à mener des enquêtes rapides, indépendantes et impartiales sur les violations présumées des droits humains, et à garantir que les défenseur⸱ses des droits humains et toute autre personne exerçant ses libertés fondamentales puissent le faire sans craindre la violence, l'intimidation ou la criminalisation.