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15 Juin 2026

Les défenseurs des droits humains ont besoin de soutien pour pouvoir poursuivre leur action sans crainte dans un monde de plus en plus hostile

En 2025, au moins 358 défenseurs ont été tués dans 28 pays à cause de leur action non violente

« Partout dans le monde, des défenseurs des droits humains (DDH) courageux ouvrent souvent la voie de la lutte contre l’injustice, mais ils ont besoin du soutien de la communauté internationale pour poursuivre leur travail vital dans un contexte de plus en plus hostile », a déclaré aujourd’hui Front Line Defenders à l’occasion du lancement de son rapport phare.

L’Analyse globale 2025/26 de Front Line Defenders offre un panorama détaillé des violations commises l'année dernière à l'encontre des défenseurs des droits humains en danger aux quatre coins du monde.Le rapport révèle également des statistiques recueillies et vérifiées par le Mémorial des DDH – coordonné par Front Line Defenders – et documente au moins 358 homicides de DDH dans 28 pays en 2025. Les pays qui comptent le plus grand nombre d'homicides sont : la Colombie (165), le Mexique (43), la Palestine (43), le Brésil (22) et le Honduras (13). Les défenseurs du droit à la terre, de l’environnement et des communautés paysannes (23,46 %) ; les défenseurs des droits humains œuvrant pour les droits des peuples autochtones (17,03 %) ; et ceux qui documentent les violations commises dans les zones de conflit (9,78 %), ont été les plus fréquemment pris pour cible. (Voir p. 6-13 pour les données complètes).

Consulter la version interactive en ligne de l’Analyse mondiale 2025/26

Télécharger l’Analyse mondiale 2025/26 complète au format PDF

« Entre coupes drastiques des financements, conflits violents et répression croissante, même dans des pays qui les soutenaient autrefois, l’année 2025 a été marquée par des moments extrêmement difficiles pour les défenseurs des droits humains à travers le monde », a déclaré Alan Glasgow, directeur de Front Line Defenders.

« Le travail sans relâche et le courage dont font preuve les défenseurs des droits humains face à ces risques dépassent de loin le niveau de protection et de soutien dont ils bénéficient. Cela doit servir de signal d'alarme pour que les États respectueux des droits s'engagent davantage à les protéger et à soutenir leur travail courageux.

Les défenseurs font preuve d’une résilience extraordinaire pour faire respecter ces droits – nous leur devons notre gratitude et notre soutien afin qu’ils puissent poursuivre leur combat. »

Les risques multiples qui pèsent sur les DDH

Selon les données de Front Line Defenders, les arrestations/détentions arbitraires restent l’une des violations les plus fréquemment signalées à l’encontre des DDH à travers le monde, aux côtés des menaces/autres formes de harcèlement, de la surveillance, des poursuites judiciaires et des menaces de mort (voir p. 14-21 pour une répartition plus détaillée, notamment par région et par genre).

À l'échelle mondiale, les cinq domaines les plus visés en matière de défense des droits humains étaient les suivants : les droits des personnes LGBTIQ+ (9,5 %) ; la liberté d'expression (9,4 %) ; les droits des femmes (6,9 %) ; les mouvements de défense des droits humains (6,1 %) et la liberté de réunion/les mouvements de protestation (5,4 %). Bien qu'ils ne représentent chacun qu'une part modeste, le droit à la terre, l’environnement et les droits des peuples autochtones totalisent 8,7 % du total des violations lorsqu'on les considère dans leur ensemble.

Au niveau régional, les violations les plus fréquemment signalées à l'encontre des DDH sont les suivantes : arrestations ou détentions arbitraires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (32,5 %) et en Asie-Pacifique (16,1 %) ; menaces de mort dans les Amériques (24,2 %) ; menaces ou autres formes de harcèlement en Afrique subsaharienne (15,3 %) ; et poursuites judiciaires en Europe et en Asie centrale (14,9 %).

Front Line Defenders a également recensé un large éventail de menaces numériques contre les DDH, notamment la surveillance/la censure en ligne, les menaces de violence ou de harcèlement sur les réseaux sociaux, la surveillance téléphonique, les interrogatoires, ainsi que la confiscation ou la destruction de leurs appareils.

Un écosystème menacé

L'année 2025 a été marquée par une recrudescence des attaques contre l'ordre international fondé sur des règles et par l'affaiblissement des systèmes, des institutions et des ressources qui, depuis longtemps, constituent le pilier de la protection des droits humains. Les coupes drastiques dans l'aide publique au développement dans plusieurs pays ont provoqué une grave crise du financement dans le secteur : Front Line Defenders a interrogé 60 organisations de la société civile internationales et régionales qui ont déclaré avoir perdu au total 45 millions de dollars US par an en 2025 en aide directe à la protection.

Dans toutes les régions, des États ont adopté de nouvelles lois répressives – notamment sous prétexte de lutte contre le terrorisme et l’espionnage ou pour la sécurité nationale, des lois sur les « agents de l’étranger » ou d’autres mesures répressives – qui ont encore davantage criminalisé les DDH ou rendu leur travail plus difficile (une liste des législations restrictives est disponible aux pages 69 à 75).

La combinaison du climat plus répressif et des réductions des financements s'est fait sentir dans la pratique : des DDH ont dû cesser leurs activités et fermer leurs organisations.

Des voix déterminées

Le rapport donne la parole à de nombreux DDH qui évoquent directement les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Parmi ces voix, il y a des témoignages de DDH du Guatemala, de RDC, de Malaisie, de Tunisie, d’Équateur, d’Eswatini (anciennement Swaziland), du Sahara occidental occupé, ainsi que de DDH égyptiens confrontés à une répression transnationale alors qu'ils sont en exil en Europe.

Lutfiye Zudiyeva, éminente défenseuse des droits humains et journaliste tatare de Crimée qui a fait l'objet de poursuites pénales en raison de son travail, a rédigé la préface du rapport, dans laquelle elle déclare :

« Pour que ce mouvement soit durable et qu'il permette d'opérer un changement systémique à long terme, nous avons besoin d'un soutien constant de la part de la communauté internationale, des gouvernements et des citoyens. Les DDH doivent être soutenus et pouvoir vivre et travailler sans crainte, et savoir qu'ils ne sont pas seuls. »

Note à l'attention des rédacteurs:

Les statistiques présentées dans l'Analyse globale sont issues du travail de terrain de Front Line Defenders, des demandes de subvention approuvées (2 739 violations) et du travail de protection numérique (1 221 violations) menés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025. Au total, les statistiques font état de 3 960 violations signalées dans 119 pays. Front Line Defenders documente de multiples violations par affaire ou subvention, car c’est la réalité de la situation pour les défenseurs des droits humains. La documentation et la vérification des homicides de DDH sont menées séparément dans le cadre du projet « Mémorial des DDH ». Pour plus de détails, veuillez vous reporter à la section « Méthodologie » à la fin du rapport.